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Tests génétiques et GLP-1 : que peut révéler un test pharmacogénétique sur Ozempic, Wegovy et Mounjaro?

Points clés

  • Un test génétique peut-il vous dire quel médicament GLP-1 ou quelle dose vous convient? Pas encore. Les médicaments GLP-1 comme Ozempic, Wegovy et Mounjaro sont utilisés pour le diabète de type 2 et la perte de poids. Certaines entreprises vendent des tests génétiques pour ces médicaments, mais aucun test n’a démontré qu’il aide à choisir le médicament ou la dose.
  • Les variantes actuellement testées dans les gènes cibles des GLP-1 jouent un petit rôle. Des études ont trouvé quelques différences génétiques liées à la quantité de poids perdu, à l’amélioration de la glycémie et au risque de nausées. Ces effets sont faibles et pas assez fiables pour guider le traitement.
  • Votre plan de traitement compte plus que ces variantes génétiques. Le médicament choisi, la vitesse à laquelle la dose est augmentée, ainsi que votre alimentation et votre activité physique font une bien plus grande différence.
  • Ces tests ne peuvent pas prédire les effets secondaires graves. Les tests actuels ne prédisent pas les problèmes rares mais graves comme l’inflammation du pancréas (pancréatite), le cancer de la thyroïde ou la perte de vision.
  • Ce qui aide aujourd’hui : augmenter la dose lentement, recevoir des conseils en nutrition, faire de l’exercice régulièrement et faire un suivi avec votre prescripteur ou votre pharmacien.

De nombreuses entreprises vendent maintenant des tests pharmacogénétiques pour les agonistes des récepteurs du GLP-1 (AR GLP-1), la classe de médicaments contre l’obésité et le diabète qui comprend le sémaglutide (Ozempic, Wegovy), le liraglutide (Victoza, Saxenda) et le tirzépatide (Mounjaro, Zepbound). Ces médicaments réduisent l’appétit et ralentissent la vidange de l’estomac. De récentes études génétiques ont associé des variations des gènes GLP1R et GIPR à la perte de poids ainsi qu’aux nausées et aux vomissements, les effets secondaires les plus fréquents.

Ces résultats peuvent-ils guider la prescription et la dose, ou vous dire quel médicament GLP-1 fonctionnera le mieux pour vous? Cet article explique ce que les tests génétiques GLP-1 peuvent et ne peuvent pas vous dire aujourd’hui, et pourquoi leurs bienfaits restent modestes.

Pourquoi les tests génétiques GLP-1 attirent-ils autant l’attention?

Ozempic et Mounjaro ont d’abord été mis au point et approuvés pour traiter le diabète de type 2 (DT2). Leur utilisation pour la perte de poids a créé une demande énorme et des coûts élevés pour les régimes d’assurance, et de nombreux régimes limitent maintenant la couverture aux personnes atteintes de DT2. Certains assureurs se demandent si les tests génétiques pourraient aider à déterminer l’admissibilité.

La couverture offerte par les employeurs aux États-Unis montre à quel point la situation évolue rapidement. Selon un sondage du Business Group on Health, la proportion d’employeurs américains qui couvrent les médicaments GLP-1 pour la perte de poids est passée de 72 % à 60 % en un an, et 14 % ont cessé ou prévoient de cesser cette couverture. Starbucks met fin à la couverture pour la perte de poids, et Cigna l’a supprimée pour ses propres employés, ce qui a mené 450 d’entre eux à signer une pétition. Walmart adopte une approche différente : selon Bloomberg, à partir de 2027, l’entreprise couvrira gratuitement Ozempic et Mounjaro pour ses employés atteints de diabète de type 2, avec une autorisation préalable, mais pas pour la perte de poids.

Par ailleurs, les données suggèrent que les médicaments GLP-1 pourraient offrir des bienfaits au-delà de la perte de poids :

  • Un meilleur contrôle de la glycémie, ce qui peut réduire les complications du diabète à long terme.
  • Un risque plus faible de progression de la maladie rénale et peut-être de neuropathie, mais aucun bienfait clair pour les maladies oculaires liées au diabète.
  • Une diminution des envies chez les personnes ayant des problèmes de consommation de substances, en particulier l’alcool.
  • De possibles bienfaits pour la santé mentale chez les personnes atteintes de maladies mentales graves comme la schizophrénie et le trouble bipolaire. Ces données sont préliminaires et surtout observationnelles.

Les versions génériques des médicaments GLP-1 devraient en faciliter l’accès : le sémaglutide générique a été approuvé par Santé Canada en juin 2026. Une utilisation plus large signifiera aussi que davantage de personnes subiront des complications liées au médicament, ce qui rend un dosage et un suivi attentifs encore plus importants.

Quelles sont les différences entre le sémaglutide, le liraglutide et le tirzépatide?

En médecine, des doses plus élevées et une plus grande puissance entraînent généralement une réponse plus forte et un risque plus élevé d’effets secondaires. Les AR GLP-1 suivent cette règle. Les formes injectables ont généralement un effet plus fort que les comprimés. Une réponse plus rapide, c’est-à-dire une perte de poids plus rapide et une baisse de la glycémie, est associée à un risque plus élevé d’effets secondaires graves comme les calculs biliaires, la pancréatite et, rarement, une perte de vision permanente. Votre génétique joue un certain rôle dans votre réponse, tout comme le type de médicament, la formulation et la dose.

MédicamentNoms commerciauxRécepteursDose de départAugmentation et dose maximale
SémaglutideOzempic et Rybelsus (DT2); Wegovy (gestion du poids)GLP-10,25 mg une fois par semaine pendant 4 semaines (injection)Ozempic : augmentation à 0,5 mg, 1 mg, jusqu’à 2 mg par semaine.
Wegovy : 2,4 mg par semaine; des doses plus élevées allant jusqu’à 7,2 mg ont été étudiées
LiraglutideVictoza (DT2); Saxenda (gestion du poids)GLP-10,6 mg une fois par jourAugmentation chaque semaine; Saxenda : maximum de 3,0 mg par jour
TirzépatideMounjaro; ZepboundGLP-1 et GIP2,5 mg une fois par semaineAugmentation toutes les 4 semaines jusqu’à un maximum de 15 mg par semaine
RétatrutidePas encore commercialiséGLP-1, GIP et glucagon4 mg par semaineDose maximale étudiée : 12 mg par semaine

Comme le tirzépatide agit sur deux récepteurs, les gens ont tendance à perdre plus de poids qu’avec le sémaglutide, mais il est aussi associé à un risque plus élevé de nausées et de vomissements.

Combien de poids perd-on avec les médicaments GLP-1?

Chaque personne part d’un point différent, et la perte de poids absolue dépend de la composition corporelle et de la masse totale. Un problème important des médicaments GLP-1 est que la perte de poids ne provient pas seulement de la graisse, mais aussi de la masse musculaire. Perdre trop de poids sans changements adéquats du mode de vie, notamment l’exercice et la composition de l’alimentation, augmente fortement le risque de complications. Celles-ci comprennent l’obstruction gastro-intestinale (surtout chez les personnes âgées), les calculs biliaires et des changements esthétiques comme le relâchement de la peau du visage et des zones qui stockent plus de graisse. Choisir d’emblée le médicament le plus puissant et augmenter la dose rapidement peut accroître considérablement ces risques.

Perte de poids moyenne dans les principaux essais cliniques

MédicamentDose étudiéePerte de poids moyenneEssaiDurée (semaines)
Liraglutide (Saxenda)3,0 mg par jourenviron 8 %SCALE56
Sémaglutide (Wegovy)2,4 mg par semaineenviron 15 %STEP 168
Tirzépatide (Zepbound, Mounjaro)15 mg par semaineenviron 21 %SURMOUNT-172
Rétatrutide4 mg, 9 mg et 12 mg par semaineenviron 25 % (dose de 12 mg)TRIUMPH et TRANSCEND-T2D80

Les résultats sont des moyennes pour la population de l’essai et varient d’une personne à l’autre.

Le principal problème des médicaments GLP-1 est que des effets secondaires importants amènent de nombreuses personnes à arrêter le traitement, et le poids est souvent repris dans l’année qui suit l’arrêt (Reiss et coll., 2025), plus rapidement qu’après un programme de perte de poids axé sur le comportement (West et coll., 2026). Le but ne devrait pas être de perdre du poids rapidement, mais d’obtenir une réponse durable et d’adopter des changements de mode de vie qui réduisent aussi le risque de complications.

Quels gènes influencent la réponse aux GLP-1 et leurs effets secondaires?

Plusieurs études d’association pangénomique sur la réponse aux médicaments GLP-1 et leurs effets secondaires ont été publiées, dont une vaste étude utilisant les données de 23andMe pour 27 880 personnes (Su et coll., Nature 2026). Elle a montré que le rythme de la perte de poids est influencé par des variations du gène GLP1R, qui code le récepteur ciblé par ces médicaments. Des études de laboratoire antérieures avaient aussi montré que des variantes de GLP1R et de GIPR modifient la réponse aux AR GLP-1. Une autre étude a associé une variante différente de GLP1R, rs6923761, ainsi que la variante p.Thr370Met d’ARRB1, plus fréquente chez les personnes d’ascendance espagnole, à une plus forte baisse de l’HbA1c.

L’allèle T de rs10305420 dans GLP1R est porté par environ 18 % à 30 % de la population. Il est associé à un indice de masse corporelle (IMC) plus bas et à un risque plus faible de DT2. L’étude de 23andMe n’a pas analysé l’HbA1c; la perte de poids et la réponse de l’HbA1c sont donc probablement influencées par plusieurs variantes de GLP1R et par ARRB1.

Variantes pharmacogénétiques liées aux GLP-1 signalées à ce jour

GèneVarianteAssociation signaléeUtile en clinique aujourd’hui?
GLP1Rrs10305420Rythme de la perte de poids sous AR GLP-1; IMC plus bas dans la population générale [PMID : 40443355]Non
GLP1Rrs6923761Plus forte baisse de l’HbA1c [PMID : 36528349]Non
ARRB1p.Thr370MetPlus forte baisse de l’HbA1c; plus fréquente chez les personnes d’ascendance espagnole [PMID : 36528349]Non
GLP1Rrs9357296Nausées avec le sémaglutide [PMID : 41951734]Non
GIPRrs1800437Nausées et vomissements avec le tirzépatide; le risque s’additionne à celui des allèles à risque de GLP1R [PMID : 41951734]Non

Pour le sémaglutide, le risque de nausées et de vomissements est associé à deux variantes de GLP1R. L’une est en partie liée à la variante associée à la perte de poids, tandis que rs9357296 est surtout associée aux nausées. Toutefois, la combinaison des deux n’a atteint qu’une signification statistique nominale pour l’ensemble de la classe des AR GLP-1; leur valeur prédictive est donc faible et elles ne sont pas utiles en clinique pour le moment.

Comme le tirzépatide cible à la fois les récepteurs du GLP-1 et du GIP, l’ajout de la variante rs1800437 de GIPR a augmenté la puissance statistique pour détecter le risque de nausées et de vomissements avec ce médicament. Le risque s’additionne : une petite fraction des personnes porteuses de quatre allèles à risque dans GLP1R et GIPR ont un risque de vomissements plus de 14 fois plus élevé avec le tirzépatide.

Les tests génétiques peuvent-ils prédire les effets secondaires graves des GLP-1?

Pas encore. La principale limite de ces études est qu’elles n’ont pas validé d’associations avec les effets secondaires plus rares mais plus graves, soit la pancréatite, le cancer de la thyroïde et la perte de vision. On sait que des variantes de CFTR et de PRSS1 augmentent le risque de pancréatite, et que des variantes de RET augmentent le risque de cancer médullaire héréditaire de la thyroïde. C’est pourquoi les médicaments GLP-1 portent une mise en garde encadrée pour les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de ce cancer.

Les bases génétiques de la perte de vision associée aux GLP-1 ne sont pas établies, car cette complication est exceptionnellement rare.

Un test pharmacogénétique pour les GLP-1 en vaut-il la peine?

Pour le moment, les tests pharmacogénétiques portant sur les variantes liées à la perte de poids et aux nausées offrent un bienfait clinique très limité. Certains fournisseurs combinent les tests génétiques avec des conseils en nutrition, ce qui est souvent la partie la plus utile de ce type de service. Si vous envisagez un test, choisissez-en un qui :

  • est transparent sur les données qui appuient chaque variante et ne promet pas de choisir le meilleur médicament pour vous;
  • comprend une interprétation par un pharmacien ou un clinicien, et pas seulement un rapport.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous?

  • Parlez à votre prescripteur ou à votre pharmacien de la dose de départ et du rythme d’augmentation. Une augmentation plus lente est associée à moins d’effets secondaires.
  • Préservez votre masse musculaire avec un apport suffisant en protéines et des exercices de musculation.
  • Communiquez rapidement avec votre équipe de soins en cas de douleur abdominale intense, de vomissements persistants ou de tout changement de la vision.
  • Ne choisissez pas et ne changez pas de médicament GLP-1 uniquement en fonction du résultat d’un test génétique.

Questions fréquentes

Un test génétique peut-il prédire si Ozempic ou Wegovy fonctionnera pour moi?

Pas de façon fiable. Des variantes du gène GLP1R, comme rs10305420, sont associées à des différences de perte de poids, mais l’effet est modeste. Le médicament, la dose, la formulation, l’observance du traitement et le mode de vie comptent davantage. Aucun test génétique GLP-1 n’a été validé pour guider le choix du médicament ou de la dose.

Quels gènes influencent les effets secondaires des GLP-1 comme les nausées et les vomissements?

Des variantes de GLP1R (dont rs9357296) sont associées aux nausées avec le sémaglutide, et une variante de GIPR (rs1800437) augmente le risque avec le tirzépatide. Dans une étude, les personnes porteuses de quatre allèles à risque dans GLP1R et GIPR avaient un risque plus élevé de vomissements avec le tirzépatide, mais seule une petite fraction des gens porte cette combinaison.

Le tirzépatide (Mounjaro, Zepbound) est-il plus puissant que le sémaglutide (Ozempic, Wegovy)?

Le tirzépatide active à la fois les récepteurs du GLP-1 et du GIP et, dans les essais cliniques, a entraîné une perte de poids moyenne plus importante que le sémaglutide. Il est aussi associé à un risque plus élevé de nausées et de vomissements. Le bon choix dépend de votre santé, de votre tolérance et de votre couverture d’assurance, et pas seulement de la génétique.

Les tests génétiques peuvent-ils prédire des effets secondaires graves des GLP-1 comme la pancréatite ou le cancer de la thyroïde?

Pas pour le moment. Des variantes de CFTR et de PRSS1 sont liées au risque de pancréatite et des variantes de RET au cancer héréditaire de la thyroïde, mais la prédiction du risque génétique propre aux GLP-1 n’a pas été validée. La perte de vision est trop rare pour avoir une base génétique établie. Informez votre prescripteur de tout antécédent personnel ou familial de ces maladies.

Mon assureur couvrira-t-il ou exigera-t-il un test génétique GLP-1?

Certains assureurs examinent si les tests génétiques pourraient aider à déterminer l’admissibilité à la couverture des GLP-1, mais il n’existe aucune exigence établie et la couverture varie selon le régime. Vérifiez auprès de votre assureur et de votre prescripteur avant de payer pour un test.

Comment réduire les effets secondaires des GLP-1?

Les principales stratégies sont une augmentation graduelle de la dose guidée par votre prescripteur ou votre pharmacien, des conseils en nutrition, un apport suffisant en protéines et de l’exercice régulier. Commencer par le médicament le plus puissant et augmenter la dose rapidement accroît le risque de complications. Les tests génétiques ne remplacent pas ces mesures pour le moment.

Avis médical : Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un avis médical. Ne commencez pas, n’arrêtez pas et ne modifiez pas un médicament sans en parler à votre médecin ou à votre pharmacien.

Références

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Su QJ, Ashenhurst JR, Xu W, et al. Genetic predictors of GLP1 receptor agonist weight loss and side effects. Nature. 2026;653:770-775.

Wilding JPH et al. Once-weekly semaglutide in adults with overweight or obesity (STEP 1). N Engl J Med. 2021;384:989-1002.

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Schmitz SH. Beyond Percentage of Weight Lost — Protecting Participants in Obesity Trials. N Engl J Med. 2026;395:1355-1357.

Jastreboff AM et al. Retatrutide, a Triple Hormone Receptor Agonist, for Treatment of Obesity. N Engl J Med. 2026. DOI: 10.1056/NEJMoa2604169.

Bloomberg. Pepsi, Starbucks, Cigna among companies dropping GLP-1 insurance benefits. September 23, 2026.

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À propos de l'auteur

Ruslan Dorfman

Ruslan Dorfman

PhD, MBA

Fondateur et directeur scientifique, Ruslan Dorfman est un pionnier de la médecine personnalisée, généticien moléculaire et bâtisseur de technologies. Il est professeur clinicien adjoint (auxiliaire) au Département d’anesthésie de l’Université McMaster. Inspiré par ses échanges directs avec des familles touchées par la fibrose kystique partout dans le monde, M. Dorfman a cofondé GeneYouIn pour faciliter l’accès du grand public à la génétique de pointe. Il a dirigé de vastes programmes de R-D à l’Hôpital pour enfants malades (SickKids) de Toronto. Il a conseillé les hôpitaux Bridgepoint et Mount Sinai sur la mise en place de programmes de médecine personnalisée. M. Dorfman a publié trente articles évalués par des pairs sur la génétique de la fibrose kystique et de la douleur.