A young man in a hooded jacket walking toward the bright end of a dark tunnel

Les tests pharmacogénétiques améliorent le traitement de la dépression chez les jeunes et réduisent le risque de suicide

Si votre enfant ou adolescent a reçu un diagnostic de dépression, le traitement peut vous inquiéter, en particulier les antidépresseurs et le risque de suicide. La dépression chez les jeunes se traite, et la psychothérapie comme les médicaments peuvent aider. Les monographies des antidépresseurs comportent une mise en garde au sujet des idées suicidaires chez les jeunes; toute décision d’en utiliser un doit donc peser ce risque par rapport aux risques graves d’une dépression non traitée. Le test pharmacogénétique (PGx) apporte une information importante : il montre comment le corps de votre enfant décompose certains antidépresseurs, ce qui peut aider à choisir dès le départ un médicament et une dose plus sûrs.

Si vous craignez un suicide en ce moment : appelez ou textez le 9-8-8, la Ligne d’aide en cas de crise de suicide, accessible 24 heures sur 24 partout au Canada, en français et en anglais. Les jeunes peuvent aussi joindre Jeunesse, J’écoute au 1-800-668-6868 ou en textant PARLER au 686868. En cas d’urgence, composez le 911 ou rendez-vous au service d’urgence le plus proche.

Comment traite-t-on la dépression chez les enfants et les adolescents?

La ligne directrice 2023 de l’American Academy of Child and Adolescent Psychiatry appuie deux traitements principaux : la psychothérapie, en particulier la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et la thérapie interpersonnelle, et les antidépresseurs de la classe des inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS). La fluoxétine et l’escitalopram ont les meilleures données probantes chez les jeunes. La dépression légère est souvent traitée d’abord par la psychothérapie, tandis que la dépression modérée à grave peut aussi nécessiter un médicament.

Les antidépresseurs augmentent-ils le risque de suicide chez les jeunes?

Santé Canada et la Food and Drug Administration des États-Unis exigent que les monographies des antidépresseurs mettent en garde contre une possible augmentation des idées et des comportements suicidaires chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Cette mise en garde repose sur des essais cliniques : dans une analyse de la FDA portant sur 24 essais et plus de 4 500 jeunes, environ 4 % de ceux qui prenaient un antidépresseur ont eu des idées ou des comportements suicidaires, contre environ 2 % de ceux qui prenaient un placebo. Aucun suicide n’est survenu dans ces essais.

La dépression non traitée est elle-même un important facteur de risque de suicide. La mise en garde ne signifie pas qu’il faut éviter les antidépresseurs, mais que les jeunes qui commencent un médicament ou changent de dose ont besoin d’un suivi étroit, surtout pendant les premières semaines. Surveillez une dépression nouvelle ou qui s’aggrave, de l’agitation, de l’irritabilité, des changements de comportement inhabituels ou des propos sur l’automutilation, et communiquez immédiatement avec le médecin si vous les remarquez.

Qu’a montré l’étude danoise sur les gènes et le risque de suicide?

Une vaste étude danoise a suivi 17 297 jeunes atteints de dépression pendant un an après le début d’un traitement par (es)citalopram, sertraline ou fluoxétine, et a comparé les résultats selon leur statut de métaboliseur de CYP2C19 et de CYP2D6 :

  • Chez les enfants et les adolescents traités par (es)citalopram, les métaboliseurs lents de CYP2C19 avaient un taux de tentative de suicide ou d’automutilation 2,67 fois plus élevé et étaient 1,64 fois plus susceptibles de changer de médicament que les métaboliseurs normaux. Les auteurs ont observé une courbe en U, les métaboliseurs ultrarapides présentant aussi une tendance à un taux plus élevé de tentative de suicide ou d’automutilation.
  • Chez les jeunes adultes (19 à 25 ans) traités par sertraline, les métaboliseurs lents de CYP2C19 étaient environ deux fois plus susceptibles de changer de médicament.
  • Chez les jeunes adultes traités par fluoxétine, les métaboliseurs lents de CYP2D6 avaient un taux de visites aux urgences psychiatriques plus de trois fois plus élevé.
  • Chez les adultes de plus de 25 ans, aucune association n’était statistiquement significative, bien que la même courbe en U ait été observée avec l’(es)citalopram.

Chez les métaboliseurs lents, les taux de médicament s’accumulent, ce qui peut causer des effets secondaires comme l’agitation et l’impatience motrice. Chez les métaboliseurs ultrarapides, le médicament peut être éliminé avant d’avoir pu agir. Ce manque de réponse peut passer inaperçu pendant des semaines, sans les effets secondaires qui mèneraient à une visite aux urgences, alors que la dépression reste non traitée.

Les auteurs ont estimé qu’en testant environ 463 enfants avant de commencer l’(es)citalopram, on pourrait prévenir une tentative de suicide. Ils ont conclu que le test pharmacogénétique est particulièrement utile chez les jeunes. Comme il s’agit d’une étude observationnelle, elle montre des associations plutôt qu’une preuve que le test prévient les tentatives de suicide, mais elle ajoute aux données montrant que les résultats génétiques comptent surtout chez les jeunes patients.

Pourquoi un test génétique précis est-il important?

L’étude danoise a utilisé une puce de génotypage qui ne testait qu’un nombre limité de variantes. Un test plus complet pourrait donner des résultats encore plus utiles :

  • La sertraline est décomposée à la fois par CYP2C19 et par CYP2B6, mais l’étude n’a examiné que CYP2C19. Dans une étude portant sur 840 patients, les personnes qui étaient des métaboliseurs lents pour les deux enzymes avaient des taux de sertraline 189 % plus élevés que la normale, tandis que celles qui avaient des versions rapides des deux enzymes avaient des taux environ 35 % plus bas. Le CPIC utilise maintenant les deux gènes pour le dosage de la sertraline.
  • La fluoxétine, la paroxétine et d’autres antidépresseurs sont influencés par CYP2D6. Certaines personnes ont des copies supplémentaires du gène CYP2D6, qui accélèrent l’élimination du médicament, ou une copie manquante, qui la ralentit. La puce utilisée dans l’étude danoise ne mesurait pas ces variations du nombre de copies.

Pillcheck mesure les variations du nombre de copies de CYP2D6 et rapporte CYP2D6, CYP2C19, CYP2B6 et d’autres gènes qui influencent les antidépresseurs. Pour en savoir plus, lisez quelle est la précision des tests pharmacogénétiques.

Quelles sont les autres options d’antidépresseurs?

Si un premier antidépresseur ne fonctionne pas ou cause des effets secondaires, il existe d’autres options. Chaque antidépresseur est influencé par des gènes différents; les résultats génétiques peuvent donc aider à choisir le suivant. Le bupropion (Wellbutrin), qui n’était pas inclus dans l’étude danoise, agit différemment des ISRS, est moins susceptible de causer une prise de poids et est en partie transformé par CYP2B6 en une forme active. Il est utilisé hors indication chez les adolescents, avec des données limitées, et il bloque fortement CYP2D6, ce qui peut augmenter les taux d’autres médicaments. La psychothérapie demeure une partie importante du traitement, surtout pour prévenir une rechute une fois les symptômes améliorés. Pour en savoir plus, lisez médicaments ou thérapie contre la dépression et comment le test d’ADN peut aider à trouver le meilleur médicament contre l’anxiété et la dépression.

Comment un test Pillcheck peut-il aider?

Un test Pillcheck comprend l’examen des médicaments par un pharmacien clinicien, qui tient compte de l’âge de votre enfant, de ses résultats génétiques et de ses expériences antérieures avec les médicaments. Les parents peuvent commander le test pour un enfant, et les jeunes adultes peuvent donner leur propre consentement et accéder à leurs résultats. L’échantillon est prélevé à la maison à l’aide d’une trousse facile à utiliser. Dans un essai canadien à répartition aléatoire mené en pharmacie communautaire, les personnes atteintes de dépression ou d’anxiété dont le traitement antidépresseur était guidé par les résultats pharmacogénétiques se sont davantage améliorées que celles qui recevaient le traitement standard.

Les tests Pillcheck sont effectués dans des laboratoires de génétique clinique accrédités CAP et COLA situés au Canada. Pillcheck rapporte 24 gènes, en élargissant sa couverture au fil des nouvelles lignes directrices et monographies (voir l’onglet des gènes), et couvre 355 médicaments, qui représentent plus de 70 % des ordonnances délivrées. Le panel de test Pillcheck assure une grande précision pour les personnes d’ascendance non européenne et mixte. Vos résultats sont valables à vie, et les mises à jour du rapport sont gratuites. Renseignez-vous sur le remboursement du test pharmacogénétique.

Résumé

  • La psychothérapie et les ISRS comme la fluoxétine et l’escitalopram sont les principaux traitements de la dépression chez les jeunes.
  • Les antidépresseurs comportent une mise en garde au sujet des idées suicidaires chez les jeunes; un suivi étroit est donc nécessaire, surtout pendant les premières semaines. La dépression non traitée est aussi un risque grave.
  • Dans une vaste étude danoise, les enfants et les adolescents métaboliseurs lents de CYP2C19 avaient un taux plus élevé de tentative de suicide ou d’automutilation sous (es)citalopram, avec une tendance semblable chez les métaboliseurs ultrarapides.
  • Un test précis de CYP2C19, de CYP2B6 et de CYP2D6, y compris les variations du nombre de copies, est important pour la sertraline, la fluoxétine et d’autres antidépresseurs.
  • Les parents et les médecins devraient envisager un test pharmacogénétique avant de commencer un antidépresseur chez un enfant ou un adolescent.
  • Si vous craignez un suicide, appelez ou textez le 9-8-8 en tout temps.

Questions fréquentes

Les antidépresseurs sont-ils sécuritaires pour les adolescents?

Les ISRS comme la fluoxétine et l’escitalopram peuvent être efficaces chez les adolescents atteints de dépression. Ils comportent une mise en garde au sujet des idées suicidaires; les adolescents ont donc besoin d’un suivi étroit, surtout pendant les premières semaines et après un changement de dose.

Un test génétique peut-il prévenir le suicide?

Aucun test ne peut à lui seul prévenir le suicide. Le test génétique aide à choisir un médicament et une dose adaptés au corps de votre enfant, ce qui peut réduire le risque d’effets secondaires et d’un premier traitement inefficace. Un suivi étroit et du soutien demeurent essentiels.

Puis-je commander un test Pillcheck pour mon enfant?

Oui. Les parents peuvent commander le test pour un enfant, et l’échantillon est prélevé à la maison à l’aide d’une trousse facile à utiliser. Les jeunes adultes peuvent commander leur propre test.

Que faire si mon adolescent parle de suicide?

Prenez-le au sérieux. Appelez ou textez le 9-8-8 pour obtenir du soutien en tout temps, communiquez avec le médecin de votre adolescent, et composez le 911 ou rendez-vous au service d’urgence le plus proche s’il est en danger immédiat.

À voir aussi

Découvrez comment Pillcheck vous aide, vous et votre professionnel de la santé, à choisir les bons médicaments en santé mentale :

Références

Thiele LS, Ishtiak-Ahmed K, Thirstrup JP, et al. Clinical impact of functional CYP2C19 and CYP2D6 gene variants on treatment with antidepressants in young people with depression: a Danish cohort study. Pharmaceuticals (Basel). 2022;15(7):870.

Walter HJ, Abright AR, Bukstein OG, et al. Clinical practice guideline for the assessment and treatment of children and adolescents with major and persistent depressive disorders. J Am Acad Child Adolesc Psychiatry. 2023;62(5):479-502.

Hammad TA, Laughren T, Racoosin J. Suicidality in pediatric patients treated with antidepressant drugs. Arch Gen Psychiatry. 2006;63(3):332-339.

Bråten LS, Ingelman-Sundberg M, Jukic MM, et al. Impact of the novel CYP2C:TG haplotype and CYP2B6 variants on sertraline exposure in a large patient population. Clin Transl Sci. 2022;15(9):2135-2145.

Bousman CA, Stevenson JM, Ramsey LB, et al. Clinical Pharmacogenetics Implementation Consortium (CPIC) guideline for CYP2D6, CYP2C19, CYP2B6, SLC6A4, and HTR2A genotypes and serotonin reuptake inhibitor antidepressants. Clin Pharmacol Ther. 2023;114(1):51-68.

Papastergiou J, Quilty LC, Li W, et al. Pharmacogenomics guided versus standard antidepressant treatment in a community pharmacy setting: a randomized controlled trial. Clin Transl Sci. 2021;14(4):1359-1368.

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À propos de l'auteur

Ruslan Dorfman

Ruslan Dorfman

PhD, MBA

Fondateur et directeur scientifique, Ruslan Dorfman est un pionnier de la médecine personnalisée, généticien moléculaire et bâtisseur de technologies. Il est professeur clinicien adjoint (auxiliaire) au Département d’anesthésie de l’Université McMaster. Inspiré par ses échanges directs avec des familles touchées par la fibrose kystique partout dans le monde, M. Dorfman a cofondé GeneYouIn pour faciliter l’accès du grand public à la génétique de pointe. Il a dirigé de vastes programmes de R-D à l’Hôpital pour enfants malades (SickKids) de Toronto. Il a conseillé les hôpitaux Bridgepoint et Mount Sinai sur la mise en place de programmes de médecine personnalisée. M. Dorfman a publié trente articles évalués par des pairs sur la génétique de la fibrose kystique et de la douleur.